Société

Lundi 25 janvier 2010 1 25 /01 /Jan /2010 12:24
 

masque-presence-africaine.jpgCertaines revues littéraires font l'histoire. Plus qu'un simple marqueur de leur temps, elles participent à la production de nouvelles idées, à la vulgarisation de concepts et jouent aussi le rôle de tribune pour des combats politiques et idéologiques. Quand en 1947 Alioune Diop fonde présence africaine, son objectif est de publier des études africanistes et de promouvoir les pensées noires; il sait qu'il participe à une œuvre importante, tant l'idée de pensée noire est niée par le monde colonial. Néanmoins, il ignore encore qu'il va entrer dans l'histoire. En effet, de nombreuses tentatives avaient échoués - des revues et des projets de revues de la diaspora africaine étaient morts nés, faute de moyens financiers ou victimes de la censure. On se souvient des six numéros de la revue du monde noir de Paulette Nardal, de Légitime Défense des surréalistes antillais, et surtout du numéro unique de l'étudiant noir, revue fondée en 1934 par Damas, Senghor et Césaire où apparaît pour la première fois le terme de négritude.

 

Présence africaine a aujourd'hui soixante trois ans; c'est une revue mais aussi une maison d'édition, la voix de l'Afrique dirait d'aucuns, Une voix de l'Afrique et de sa diaspora qui s'intègre dans un dialogue universaliste et humaniste.

 

C'est dans le cadre du centième anniversaire de la naissance d'Alioune Diop que le musée du quai Branly, présente l'exposition Présence africaine, une tribune, un mouvement, un réseau. Lorsqu'on demande à Sarah Frioux Salgas, commissaire de l'exposition, en quoi une revue ayant pour fondement l'antiracisme et l'anticolonialisme peut s'intégrer dans un musée qui a pour fonction de présenter les arts premiers, elle se fâche. L'expression art premier est une expression impropre. Sarah Frioux, Salgas, rappelle que le musée du Quai Branly est un musée des arts d'Océanie, d'Asie et d'Afrique et que l'exposition présence africaine est le fruit d'années de recherche. Visite.

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Vendredi 23 octobre 2009 5 23 /10 /Oct /2009 15:09


Itzhak, est un jeune militaire israélien ; il a tué pour la première fois. Il ne sait plus très bien pourquoi il a tiré sur  Salem : la colère, la peur, l’incompréhension ? Il ne sait plus, mais reste qu’il a tué et qu’il n’arrive pas à vivre avec cette idée. Il cherche des réponses auprès du médecin militaire, de son rabbin, de sa femme. Mais rien, personne ne peut expliquer ce qui lui arrive, alors il en veut à la terre entière. Sa seule option : l’exil, partir pour le Canada, les Etats-Unis, peu importe, mais peut on fuir sa vie ? Sarah sa femme, est terrifiée. Elle a constamment, quotidiennement peur. Elle n’ose plus prendre le bus, de peur qu’une bombe explose. Pourtant, cela fait des années qu’il n’y a pas eu d’attentat en Israël mais sa peur est bien réelle ; elle ne comprend pas son mari - il est de son devoir de protéger la nation ! Alors elle se réfugie dans la foi. Peut être qu’elle parviendra grâce à cette quête d’idéal à récupérer Itzhak.

 

La mort de Salem devient un étendard pour la mère de celui-ci, Oum Salem, un refuge qui lui permet de déverser sa haine, sa colère car que deviendrait elle si elle lâchait prise ? Il lui reste bien sa fille, Shahida mais celle-ci ne comprend rien à rien. Shahida veut vivre, aimer, ne pas penser à la vengeance, ne pas penser à la terreur. Alors, elle aime Ismael. Il est jeune, il est beau, il est en vie. Elle l’aime jusqu'à ce qu’elle apprenne qu’il travaille pour l’ennemi. Le jour, il prend part  à la construction du mur de séparation. Quand elle l’interroge sur ses motivations, la réponse d’Ismaël tombe comme un couperet : « il faut bien manger »…

 

Assis sur son fauteuil, le spectateur en prend plein la gueule. Le parti pris, de la mise en scène est de faire vivre l’intimité du conflit. Les personnages et les lieux se succèdent, les références  à l’histoire, aux mythes aussi. La violence est omniprésente. Seul refuge pour le spectateur,  le personnage d’Abou Salem, le père, le colleur d’affiche qui déambule dans les rues de la ville pour placarder les portraits des martyrs. Il est fatigué, il aimerait bien être inactif, connaître le chômage. Abou Salem, c’est l’humaniste, un patriarche d’un nouveau genre, qui porte en lui la douleur et l’espoir.

 

L’affiche clôture la saison du Tarmac de la villette.
Représentations du mardi au vendredi à 20h00, le samedi à 16h00 -  jusqu’au 31 octobre 2009.


Rencontre avec  Guy Delamotte.

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Lundi 19 octobre 2009 1 19 /10 /Oct /2009 20:14

 

 

Le 16 octobre dernier, jour de la sainte Edvige, Brice Hortefeux signait deux décrets  autorisant la création de  deux bases de données: l'une portant sur  les enquêtes administratives et l'autre sur  la prévention des atteintes à la sécurité publique. Sont visées les personnes souhaitant travailler ou travaillant dans le secteur de la sécurité publique et ayant un comportement inadéquat à la fonction « alors même que ce comportement aurait une motivation politique, religieuse, philosophique ou syndicale ». L’origine géographique est un indicateur pouvant apparaître dans les fichiers. Serait-ce une manière détournée pour surveiller de près et ficher les jeunes des quartiers sans faire mention de leur origine ethnique?

 

Volontairement, des millions d’internautes partagent avec gourmandise  sur la toile des informations privées de tous genres:  coordonnées, photographies ou autres vidéos. Parfois, c’est un passé, gênant, honteux, voire terrible qui resurgit.

 

Un médecin rwandais fait des remarques déplacées à une infirmière qui a de l’embonpoint  au cours d’une auscultation de routine. Cette dernière choquée par les  propos et l’attitude du docteur tapote son nom sur Google pour voir si elle peut dénicher quelques informations sur le praticien. Quelle n’est pas sa surprise lorsqu’elle découvre  qu’Interpol a lancé un avis de recherche à son encontre. Depuis près de trois ans, le médecin est soupçonné de crime de guerre et d’implication  dans le génocide des Tutsis au  Rwanda. Eugène Rwamucyo, médecin du travail  à l’hôpital Henri Mennecier de Maubeuge, dénonce une  chasse à l’homme et affirme être un bouc-émissaire. Il est actuellement suspendu, pour le temps de l’enquête.

 

En 1994, plus de 800 000 hommes, femmes et enfants ont été traqués puis exterminés au Rwanda. Comment faire le récit de telles atrocités ? Radio Katam a rencontré Diogène Ntarindwa, ancien enfant soldat de l’armée du Front Patriotique Rwandais. Diogène n’a que 17 ans quand il rejoint l’armée du FPR dont la mission est de stopper l’avancée génocidaire des Interamwe.  Il a écrit  carte d’identité, un spectacle autobiographique. Mémoire, Exil, identité  en sont les thèmes principaux. Diogene Ntarindwa  parvient avec brio, à aborder la gravité dans la légèreté.


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Vendredi 9 octobre 2009 5 09 /10 /Oct /2009 13:50

Un  aide cuisinier mauritanien se rend au guichet de sa banque, la société générale.  Il présente sa carte de séjour, il souhaite uniquement retirer de l’argent, fruit de son travail, que lui verse son employeur chaque mois sur son compte.

Yaro . S  a aujourd’hui 41 ans, il vit en France depuis 2002 et est sans papier. En 2005,

il  a ouvert  un compte  à la société générale avec un faux document, une carte de séjour trafiquée. A cette époque, cela ne pose pas de problème particulier. Mais voilà que le 3 octobre 2009, le guichetier juge cette situation anormale. Il s’est aperçu que le document était un faux. Il demande donc au client mauritanien de patienter, appelle la police et fait fermer les portes de l’établissement pour s’assurer que Yaro, ne prenne pas la fuite.

Aujourd’hui, Yaro S  est placé au centre de rétention du Mesnil-Amelot, où il attend un laissez-passer en vue de son expulsion qui devrait avoir lieu dans moins de  10 jours.

 
D’après le petit Larousse, Dénoncer signifie : 
« Signaler comme coupable  à la justice ou à l’autorité compétente. » Dénoncer c’est donc signaler  une personne coupable d’un crime ou d’une faute.

Quel crime Yaro avait t-il donc commis auprès de la société générale ? Il avait ouvert un compte et souhaitait retirer de l’argent. Pas de vol donc  ni d’intention de nuire à la banque, ni même à la société. Mais les faits sont là, Yaro S a ouvert un compte avec une pièce trafiquée. 

 

Toujours selon le petit Larousse, une Délation  est : « une dénonciation méprisable »

L’employé de la société générale  s’est senti tenu de  présenter à la police, un client qui était en possession d’un faux document. Est-ce un acte de dénonciation ou de délation ?  C’est à chacun de juger.

 

 


Reste que de tels faits sont de plus en plus courants. En Août dernier, c’est un employé d’une agence du crédit Lyonnais d’Aulnay-Sous-Bois qui s’est senti obliger d’indiquer à la police  le cas de Mamdou; un client malien qui avait fait une demande de renouvellement de carte de crédit.

 

Mamdou a eu plus de chances. En effet, le juge des libertés et de la détention avait reconnu le coté déloyal de l’interpellation. Il faut rappeler que la loi encourage les vérifications d’identité aux guichets des banques pour des cas d’escroquerie ou de malversation. Intention que n’avaient nullement Mamdou ou Yaro S.

 

La vénérable académie de Stockholm vient de décerner le prix Nobel de littérature, à l’écrivain poète allemande d’origine Roumaine, Herta Müller  qui  «  avec la densité de la poésie et la franchise de la prose dépeint l’univers des déshérités.» Dans sa littérature, Herta Müller décrit tour à tour l’horreur des sociétés totalitaires,  la persécution  faite aux kurdes et plus généralement aux immigrés.

 

C’est une autre Roumaine que Radio Katam a rencontré, la  jeune metteur en scène, Alexandra Badea qui a écrit et mis en scène la pièce contrôle d’identité  qui fait écho à  un fait divers dramatique : le suicide d’un militant turc au centre de rétention du Canet à Marseille. Militant  à qui ont avait refusé le statut de réfugié politique.

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Vendredi 17 avril 2009 5 17 /04 /Avr /2009 23:49

Produire des  films ″d’auteur de genre″, c’est le challenge que souhaite relever Laurence Lascary,  lauréate du prix talent des cités 2008.  De l’autre coté du périph (DACP) propose des productions  qui mettent en scène la réalité dans toute sa diversité. Cette jeune balbynienne de 28 ans n’en est pas à sa première expérience. C’est  à New-York,  alors qu’elle se consacre à la promotion du cinéma français auprès du public américain que lui vient l’idée de fonder sa propre société : De l’autre coté du périph car résolument décidée à s’ancrer dans le 93.

Sa première  production  ″L’école des ambassadeurs″  est un long métrage  réalisé par Clément Alline. 14 jeunes  ambassadeurs atypiques, des  lycéens  de Zep sélectionnés sur critères de mérite scolaire, sillonnent les Etats-Unis et représentent une France, nouvelle, résolument moderne.


Diffusion le 18 avril à 22H00 sur Public Sénat.
Rediffusions les 20,24 et 25 avril

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Vendredi 13 mars 2009 5 13 /03 /Mars /2009 16:31

Tous les samedis matins, le collectif Vigilance Paris 12 pour les droits des étrangers tient une permanence d’information et de soutien, dans une salle que la mairie de Paris met à sa disposition.

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A venir, Clandestins à Mayotte!

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Vendredi 13 mars 2009 5 13 /03 /Mars /2009 14:09

En 2008,  29796 personnes ont été reconduites à la frontière. Chiffre exceptionnel à  plus d’un titre. Brice Hortefeux, ancien ministre de l’immigration et de l’identité nationale a largement  mérité sa promotion dans l’entreprise France puisqu’il a dépassé  les objectifs annuels fixés, déjà très ambitieux. Il est aujourd’hui à la tête du ministère du travail. Mais  qui sont ces sans papiers? Quelle réalité se cache derrière ces chiffres ? Quelle est l’articulation entre  immigration et identité nationale?  L’immigration menace t-elle cette identité?  La façonne t-elle ?

 

Aux quatre coins de la France des citoyens, des hommes et des femmes comme tout le monde questionnent le gouvernement et se mobilisent.

 

Le 7 février 2009 le Réseau Education Sans Frontières  (RESF) a tenu une cérémonie de parrainage républicain à la marie du 12ème arrondissement de Paris. Le baptême républicain est né lors de la Révolution française, il faisait entrer symboliquement l’enfant dans la communauté citoyenne. RESF a remis au gout du jour, cette ancienne tradition tombée en désuétude; lors de ces cérémonies, des élus et des citoyens s’engagent à protéger une personne sans papiers et à l’aider dans ses démarches en vue d’une régularisation.

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