Le Katamblog

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  • : RadioKatam présente des reportages abordant la question de la diversité. Ces programmes sont diffusés sur Alternative FM, 96.7 ou 106.5 de la bande FM en région parisienne.
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masque-presence-africaine.jpgCertaines revues littéraires font l'histoire. Plus qu'un simple marqueur de leur temps, elles participent à la production de nouvelles idées, à la vulgarisation de concepts et jouent aussi le rôle de tribune pour des combats politiques et idéologiques. Quand en 1947 Alioune Diop fonde présence africaine, son objectif est de publier des études africanistes et de promouvoir les pensées noires; il sait qu'il participe à une œuvre importante, tant l'idée de pensée noire est niée par le monde colonial. Néanmoins, il ignore encore qu'il va entrer dans l'histoire. En effet, de nombreuses tentatives avaient échoués - des revues et des projets de revues de la diaspora africaine étaient morts nés, faute de moyens financiers ou victimes de la censure. On se souvient des six numéros de la revue du monde noir de Paulette Nardal, de Légitime Défense des surréalistes antillais, et surtout du numéro unique de l'étudiant noir, revue fondée en 1934 par Damas, Senghor et Césaire où apparaît pour la première fois le terme de négritude.

 

Présence africaine a aujourd'hui soixante trois ans; c'est une revue mais aussi une maison d'édition, la voix de l'Afrique dirait d'aucuns, Une voix de l'Afrique et de sa diaspora qui s'intègre dans un dialogue universaliste et humaniste.

 

C'est dans le cadre du centième anniversaire de la naissance d'Alioune Diop que le musée du quai Branly, présente l'exposition Présence africaine, une tribune, un mouvement, un réseau. Lorsqu'on demande à Sarah Frioux Salgas, commissaire de l'exposition, en quoi une revue ayant pour fondement l'antiracisme et l'anticolonialisme peut s'intégrer dans un musée qui a pour fonction de présenter les arts premiers, elle se fâche. L'expression art premier est une expression impropre. Sarah Frioux, Salgas, rappelle que le musée du Quai Branly est un musée des arts d'Océanie, d'Asie et d'Afrique et que l'exposition présence africaine est le fruit d'années de recherche. Visite.

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En ce jour de remise des grands prix littéraires, la talentueuse Marie NDiaye s'est  vu décerner le prix Goncourt pour son roman Trois femmes puissantes. C'est donc de littérature que nous parlerons aujourd'hui. Je me retourne vers un livre paru en début d’année : Le soleil est une femme. C'est l’histoire d’une passion - celle d’une mère pour son fils. Assiah vit au douzième étage d’une barre HLM de Saint Denis; depuis son accident vasculaire cérébral, elle passe ses journées assise dans son fauteuil. C’est l’histoire d’une attente. Jour après jour,  heure après heure, Assiah  pense à Medhi - comment, lorsqu’il était petit, il n’arrivait pas à poser les pieds à terre alors qu'il s'asseyait à la table de la cuisine et puis, comment il a commencé à perdre  pied, à  sécher les cours, à rentrer tard le soir, à porter des vêtements qu’elle n’avait pas pu lui acheter... Elle se souvient de la première garde à vue, du procès en cours d’assise où Medhi a juré qu’il était innocent. Elle se souvient aussi du haut atlas de son enfance, du Maroc et de ses senteurs. Le soleil est une femme, c’est l’histoire d’un amour viscéral, c’est un roman intime, écrit à la première personne. Les mots tombent juste. C'est un roman intime qui plonge le lecteur dans le réel; on y découvre le quotidien d’une femme timide vivant dans une cité, les conseils de disciplines à l’école, le fonctionnement des tribunaux. Pas facile d’écrire sur la banlieue, d’éviter les clichés ou le sensationnel. Félix de Belloy évite tous ces écueils et  nous livre avec maestria une histoire  tour à tour émouvante, haletante et mélancolique.

 

Le soleil est une femme de  Felix de Belloy publié aux éditions Robert Laffont.


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Itzhak, est un jeune militaire israélien ; il a tué pour la première fois. Il ne sait plus très bien pourquoi il a tiré sur  Salem : la colère, la peur, l’incompréhension ? Il ne sait plus, mais reste qu’il a tué et qu’il n’arrive pas à vivre avec cette idée. Il cherche des réponses auprès du médecin militaire, de son rabbin, de sa femme. Mais rien, personne ne peut expliquer ce qui lui arrive, alors il en veut à la terre entière. Sa seule option : l’exil, partir pour le Canada, les Etats-Unis, peu importe, mais peut on fuir sa vie ? Sarah sa femme, est terrifiée. Elle a constamment, quotidiennement peur. Elle n’ose plus prendre le bus, de peur qu’une bombe explose. Pourtant, cela fait des années qu’il n’y a pas eu d’attentat en Israël mais sa peur est bien réelle ; elle ne comprend pas son mari - il est de son devoir de protéger la nation ! Alors elle se réfugie dans la foi. Peut être qu’elle parviendra grâce à cette quête d’idéal à récupérer Itzhak.

 

La mort de Salem devient un étendard pour la mère de celui-ci, Oum Salem, un refuge qui lui permet de déverser sa haine, sa colère car que deviendrait elle si elle lâchait prise ? Il lui reste bien sa fille, Shahida mais celle-ci ne comprend rien à rien. Shahida veut vivre, aimer, ne pas penser à la vengeance, ne pas penser à la terreur. Alors, elle aime Ismael. Il est jeune, il est beau, il est en vie. Elle l’aime jusqu'à ce qu’elle apprenne qu’il travaille pour l’ennemi. Le jour, il prend part  à la construction du mur de séparation. Quand elle l’interroge sur ses motivations, la réponse d’Ismaël tombe comme un couperet : « il faut bien manger »…

 

Assis sur son fauteuil, le spectateur en prend plein la gueule. Le parti pris, de la mise en scène est de faire vivre l’intimité du conflit. Les personnages et les lieux se succèdent, les références  à l’histoire, aux mythes aussi. La violence est omniprésente. Seul refuge pour le spectateur,  le personnage d’Abou Salem, le père, le colleur d’affiche qui déambule dans les rues de la ville pour placarder les portraits des martyrs. Il est fatigué, il aimerait bien être inactif, connaître le chômage. Abou Salem, c’est l’humaniste, un patriarche d’un nouveau genre, qui porte en lui la douleur et l’espoir.

 

L’affiche clôture la saison du Tarmac de la villette.
Représentations du mardi au vendredi à 20h00, le samedi à 16h00 -  jusqu’au 31 octobre 2009.


Rencontre avec  Guy Delamotte.

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Le 16 octobre dernier, jour de la sainte Edvige, Brice Hortefeux signait deux décrets  autorisant la création de  deux bases de données: l'une portant sur  les enquêtes administratives et l'autre sur  la prévention des atteintes à la sécurité publique. Sont visées les personnes souhaitant travailler ou travaillant dans le secteur de la sécurité publique et ayant un comportement inadéquat à la fonction « alors même que ce comportement aurait une motivation politique, religieuse, philosophique ou syndicale ». L’origine géographique est un indicateur pouvant apparaître dans les fichiers. Serait-ce une manière détournée pour surveiller de près et ficher les jeunes des quartiers sans faire mention de leur origine ethnique?

 

Volontairement, des millions d’internautes partagent avec gourmandise  sur la toile des informations privées de tous genres:  coordonnées, photographies ou autres vidéos. Parfois, c’est un passé, gênant, honteux, voire terrible qui resurgit.

 

Un médecin rwandais fait des remarques déplacées à une infirmière qui a de l’embonpoint  au cours d’une auscultation de routine. Cette dernière choquée par les  propos et l’attitude du docteur tapote son nom sur Google pour voir si elle peut dénicher quelques informations sur le praticien. Quelle n’est pas sa surprise lorsqu’elle découvre  qu’Interpol a lancé un avis de recherche à son encontre. Depuis près de trois ans, le médecin est soupçonné de crime de guerre et d’implication  dans le génocide des Tutsis au  Rwanda. Eugène Rwamucyo, médecin du travail  à l’hôpital Henri Mennecier de Maubeuge, dénonce une  chasse à l’homme et affirme être un bouc-émissaire. Il est actuellement suspendu, pour le temps de l’enquête.

 

En 1994, plus de 800 000 hommes, femmes et enfants ont été traqués puis exterminés au Rwanda. Comment faire le récit de telles atrocités ? Radio Katam a rencontré Diogène Ntarindwa, ancien enfant soldat de l’armée du Front Patriotique Rwandais. Diogène n’a que 17 ans quand il rejoint l’armée du FPR dont la mission est de stopper l’avancée génocidaire des Interamwe.  Il a écrit  carte d’identité, un spectacle autobiographique. Mémoire, Exil, identité  en sont les thèmes principaux. Diogene Ntarindwa  parvient avec brio, à aborder la gravité dans la légèreté.


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Le mildiou est un champignon parasite qui au premier abord, paraît totalement inoffensif mais qui à terme, détruit les cultures et laisse une odeur nauséabonde. Marcel, deçu et lassé de la vie parisienne, décide de s’installer dans un petit village de bourgogne mais voilà, il n’avait pas pensé au Mildiou !


Dans son one man show, Marcel Mankita  joue avec gaîté et ironie de ses expériences malheureuses. Mildiou, c’est l’histoire de Marcel, un faux naïf qui doit  faire face au racisme ordinaire : tentatives infructueuses pour louer un appartement, castings qui tournent  à la farce, fantasmes de ses amis restés au Congo. 

Tous les sketches partent de faits réels -  le directeur de casting qui cherche un acteur « Africain vraiment Africain » en vue d’un long métrage portant sur les sans papiers, une séance de pêche qui se termine devant la police ou encore, l’ami Goundolo de Brazzaville qui  demande  constamment des petits services…  C’est le regard  de l’artiste qui réussit à transformer des situations tragiquement banales en un rire salvateur. Loin des clichés, Marcel Mankita souligne les travers des sociétés française et congolaise.

 

Rencontre avec Marcel Mankita.


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