Certaines revues littéraires font l'histoire. Plus qu'un simple marqueur de leur temps, elles participent à la production de nouvelles idées, à
la vulgarisation de concepts et jouent aussi le rôle de tribune pour des combats politiques et idéologiques. Quand en 1947 Alioune Diop fonde présence africaine, son objectif est de publier des
études africanistes et de promouvoir les pensées noires; il sait qu'il participe à une œuvre importante, tant l'idée de pensée noire est niée par le monde colonial. Néanmoins, il ignore
encore qu'il va entrer dans l'histoire. En effet, de nombreuses tentatives avaient échoués - des revues et des projets de revues de la diaspora africaine étaient morts nés, faute de moyens
financiers ou victimes de la censure. On se souvient des six numéros de la revue du monde noir de Paulette Nardal, de Légitime Défense des surréalistes antillais, et surtout du
numéro unique de l'étudiant noir, revue fondée en 1934 par Damas, Senghor et Césaire où apparaît pour la première fois le terme de négritude.
Présence africaine a aujourd'hui soixante trois ans; c'est une revue mais aussi une maison d'édition, la voix de l'Afrique dirait d'aucuns, Une voix de l'Afrique et de sa diaspora qui s'intègre dans un dialogue universaliste et humaniste.
C'est dans le cadre du centième anniversaire de la naissance d'Alioune Diop que le
musée du quai Branly, présente l'exposition Présence africaine,
une tribune, un mouvement, un réseau. Lorsqu'on demande à Sarah Frioux Salgas, commissaire de l'exposition, en quoi une revue ayant pour fondement l'antiracisme et
l'anticolonialisme peut s'intégrer dans un musée qui a pour fonction de présenter les arts premiers, elle se fâche. L'expression art premier est une expression impropre. Sarah Frioux, Salgas,
rappelle que le musée du Quai Branly est un musée des arts d'Océanie, d'Asie et d'Afrique et que l'exposition présence africaine est le fruit d'années de recherche. Visite.
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